Boualem Sansal

Rencontre avec Boualem Sansal (mars 2016)

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Boualem Sansal, invité par l’Université de Tours dans le cadre de la semaine de la francophonie le jeudi 17 mars, a accepté de venir rencontrer les élèves du lycée Descartes au CDI (1ères L et S6, Term.L et ES1), pour parler de son dernier livre 2084 la fin du monde .

A l’origine de ce récit, les questionnements de l’auteur au moment où les islamistes deviennent la première force en Algérie, et c’est 1984 le roman d’Orwell qui lui a apporté des réponses en expliquant parfaitement le fonctionnement et les mécanismes d’une dictature.

Dans ses précédents romans, Boualem Sansal s’est déjà interrogé sur toutes les formes de violence, et notamment dans Le village de l’Allemand sur le nazisme issu pourtant d’une civilisation cultivée et rayonnante.

2084 dresse le tableau d’une société dictatoriale, régie par un langage et une pensée unique, basée sur la force, la surveillance et l’absence de liberté. Ati, le personnage principal se met à douter de ce système et cherche à comprendre…

Boualem Sansal s’est exprimé sur notre monde actuel qui permet d’installer des outils de contrôle sous couvert d’aspects pratiques, de plus en plus dangereux pour nos libertés individuelles, et dont les sociétés basées sur la consommation de richesses en voie de disparition, n’auront pas d’autres choix que de sombrer dans des dictatures. Il a également déploré la confusion autour des religions « qui manipulent des concepts ne relevant pas de la société des hommes » et qui favorise l’intégrisme.

Enfin, l’auteur, qui n’a pas renoncé à vivre en Algérie, son pays natal, malgré des menaces continuelles, est revenu sur les événements de la guerre d’Algérie « guerre de décolonisation, la plus terrible de l’Histoire »

Une rencontre dense et grave, à l’image de l’écriture de l’auteur et de son exigence de lucidité, qui a passionné un auditoire attentif et curieux.

In Koli Jean Bofane

Rencontre avec In Koli Jean Bofane (décembre 2015)

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Le Jeudi 26 novembre, In Koli Jean BOFANE a rencontré au CDI des élèves de Première et Terminales dans le cadre du festival « Plumes d’Afrique ».
L’écrivain belge de nationalité congolaise a retracé son parcours, et a témoigné de son engagement dans un monde qu’il souhaiterait « mondialisé » non par des valeurs économiques, mais par des valeurs humanistes.
Né en 1954, Jean Bofane a connu la guerre après l’Indépendance du Congo en 1960 et a fui en Belgique avec sa famille. A l’âge de 10 ans, il rentre au Congo avec son père et découvre la littérature à travers les contes des mille et une nuits et les romans d’Emile Zola.
Très jeune, il prend conscience de l’importance de la parole, lorsqu’il voit sa mère menacée de mort se défendre verbalement face à ses agresseurs. « Si vous ne prenez pas la parole, quelqu’un la prendra à votre place ».
Jean Bofane a commencé à écrire à 40 ans, en publiant un livre pour enfants déjà engagé sur la dictature « Pourquoi le lion n’est pas le roi des animaux ». A 50 ans il écrit son 1er roman » Mathématiques congolaises », puis à 60 ans « Congo.Inc le Testament de Bismarck » pour lequel il était invité au lycée et a reçu de nombreux prix.
Pour l’auteur, écrire un roman, c’est « réfléchir avec les lecteurs, leur offrir des pistes de réflexion, comme un grand forum ». Le roman est « une arme redoutable » qui permet de traiter un problème de manière complexe
Son dernier roman, ancré dans l’histoire du Congo , réserve mondiale de minerais, traite d’une part de la mondialisation « dont le premier grand drame est cette guerre du Congo qui a fait 6 millions de morts », et d’autre part de notre destin d’être humain, à travers des personnages parfois satiriques mais malheureusement souvent en lien avec des personnages réels.
Le fil qui relie les écrits de Jean Bofane est la thématique des conflits, ce qui n’empêche pas l’auteur de croire en l’Homme et à l’avenir du Continent Africain, particulièrement jeune dans sa population.
Jean Bofane a su captiver un auditoire attentif qui n’est pas prêt d’oublier cette rencontre avec un écrivain engagé et passionnant, qui trois jours après son intervention au lycée Descartes a été désigné comme le lauréat 2015 du prix « des Cinq continents de la Francophonie » pour Congo Inc. Le testament de Bismarck.

Ousmane Diarra

Rencontre avec Ousmane Diarra (octobre 2015)

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Ousmane Diarra, auteur et conteur malien en résidence à la Maison des Ecritures de Neuvy le roi à l’automne 2015, est venu rencontrer les Premières et Terminales littéraires au CDI le jeudi 15 Octobre. Il a parlé de son dernier roman « la route des clameurs », écrit entre juillet et octobre 2013, alors que son pays était à feu et à sang. Il y dépeint l’horreur qui s’est abattue au Mali, à travers le regard d’un enfant enrôlé malgré lui dans le Jihad, et dont le père artiste peintre refuse de capituler et lutte à sa façon contre l’obscurantisme. (cf. interview de Ousmane Diarra sur le site : http://www.etonnants-voyageurs.com .